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Les effets des péchés

Publié le par Emna Umm Abdul Tawâb

Les effets des péchés

Ibn Qayyim Al-Jawziyya

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Les péchés font passer le cœur de la santé et droiture à la maladie et la débauche. Il ne cesse d’être malade et vicié, les aliments qui permettent sa vie et son rétablissement ne lui font plus aucun effet. Les péchés affectent le cœur comme la maladie affecte le corps. Ils sont à la fois sa maladie et son mal, et il n’y a d’autre remède que de les délaisser. Ceux qui se dirigent vers Allah sont unanimes sur le fait que les cœurs ne parviennent à la béatitude qu’en parvenant à leur Maître tant qu’ils ne sont pas sains.

 

Et cela n’est possible qu’en transformant le mal en remède, donc en combattant ses passions qui sont la maladie et dont la guérison ne réside que dans leur refoulement. Et si cette maladie s’installe, elle est mortelle ou presque. De la même manière que celui qui s’interdit les passions a pour demeure le Paradis, le cœur est sur terre un paradis, aucun bienfait ne lui est comparable. La différence entre les deux est semblable à la différence entre les bienfaits de ce monde et ceux de l’au-delà. Mais ne peut le savoir que celui qui a vécu les deux.

 

Ne pense pas que la parole d’Allah : [les pieux seront dans un [jardin] de délice, et les pervers seront dans une fournaise] concerne uniquement les bienfaits et le châtiment de l’au-delà. Au contraire cela englobe trois phases : la vie terrestre, le barzakh (le monde de la tombe), et l’au-delà. Les uns sont au milieu de bienfaits et les autres dans la fournaise. Le bonheur est-il autre chose que la joie du cœur ? Le châtiment est-il autre chose que le châtiment du cœur ? Quel supplice est plus terrible que la peur, l’angoisse, la tristesse, l’étroitesse de la poitrine, l’éloignement d’Allah et de l’au-delà, et de s’attacher à un autre que Lui, en dehors de Lui ? Dans chaque abîme, il a sa part !

 

Chaque chose à laquelle il s’attache et qu’il aime en dehors d’Allah le conduit au pire des châtiments. Quiconque aime quelque chose en dehors d’Allah est châtié trois fois : dans ce bas monde, en le convoitant, puis après avoir obtenu, par la peur constante de la voir perdue ou ôtée, et d’autres supplices encore. Et s’il venait à la perdre, son supplice serait d’autant plus intense. Voici donc trois genres de châtiments sur terre.

 

Dans le monde de la tombe, le supplice est lié à la douleur de la séparation sans espoir de retour, avec de surcroît la torture d’être passé à côté de richesses immenses pour avoir été occupé par des œuvres aux conséquences inverses. Il souffre aussi à l’idée qu’il y aura un voile entre lui et Allah, plongé dans le remord qui déchire le ventre.

 

Regret, tristesse, remord et chagrin rongent l’âme comme les serpents et les vers rongent sa dépouille. Mais la torture de l’âme est, elle, perpétuelle et continue. Jusqu’à ce qu’Allah fasse revenir l’âme dans le corps, alors le châtiment franchit une nouvelle étape bien plus meurtrière et plus amère.

 

Comment comparé cela aux palpitations du cœur, d’extase, de joie et de réjouissance à la rencontre de Son Seigneur au terme d’une convoitise ardente, heureux de Son amour, et apaisé à Son évocation ?

 

Certains disent : si les gens du paradis sont ainsi, ils sont dans le meilleur état qui soit. D’autres disent : les pauvres sur terre, ils en sont sortis et n’ont pas goûté à la douceur de l’existence ni à ce qu’elle contient de meilleur. D’autres encore disent : si les rois et les princes connaissaient le bien-être dans lequel nous sommes, ils nous fouetteraient avec leur épée. D’autres disent : sur terre, il y a un Paradis, celui qui n’y rentre pas, ne pénétra pas la Paradis de l’au-delà.

 

         Ô toi qui as vendu ce qui est meilleur pour un vil prix, tu as été trompé et tu le réalises maintenant. Si tu ne connais pas la valeur de ta marchandise, interroge les connaisseurs. C’est à peine croyable, tu possèdes une marchandise qu’Allah désire acheter au prix du paradis éternel, l’ambassadeur ayant assuré l’acte de vente, en garantissant le prix de la part et l’acheteur n’est autre que le Messager – Sallallahu ‘Alayhi wa Sallam – et toi tu l’as vendu par avilissement, comme il a été dit :

« Si c’est cela l’acte du serviteur, qui pourra l’honorer après cela. »

 

Et Allah dit:

 

[Celui qu’Allah avilit n’a personne pour l’honorer, car Allah fait ce qu’Il veut.] (Sourate Al-Hajj, v. 18)

 

 

[Source: "Les péchés et leurs effets néfactes sur l’individu et la société", Ibn Al Qayyim, Edition DARALMUSLIM]

 

Emna Umm Abdul Tawâb

 

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