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Trouver des excuses aux savants

Publié le par Ibn_djelaz

Trouver des excuses aux savants

Cheikh Al-Louwayhiq

 

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Les savants sont les meilleurs êtres de la communauté de Muhammad -sal Allahou 'alayhi wa salam-. Si ceci est le principe en ce qui les concerne, il nous est obligatoire de leur trouver des excuses et d’avoir une bonne opinion d’eux. Car le croyant se doit de ne penser que du bien des gens pieux, lorsqu’il entend des accusations faites à leur encontre.

 

Allah –ta’ala- dit à propose de la calomnie :

 

[Pourquoi, lorsque vous l’avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n’ont-ils pas dit : C’est une calomnie évidente ?](S. An-Nour (24)/v.12)

 

Ainsi, avoir une bonne opinion du croyant et chercher à lui trouver des excuses est un comportement noble. Le Commandeur des croyants, ‘Umar Ibn Al-Khattab –radi Allahou ‘anhou- a dit : « N’interprète pas mal la parole qui sort de la bouche de ton frère, alors que tu peux lui trouver une interprétation dans le bien. »(Tafsir Al Quran Al Karim (213/4)

 

Muhammad Ibn Sirin –rahimaoullah- a dit : « Si on te rapporte quelque chose de ton frère, cherche lui une excuse et si tu n’en trouves pas, alors dis : « Peut être a-t-il une excuse » ».(Rapporté par Abu ACh-Cheikh Al-Assbahani (97))

 

Abu Qulaba –rahimaoullah- a dit : « Si on te rapporte quelque chose que tu détestes de ton frère, alors efforces-toi de lui trouver une excuse. Si tu n’en trouves pas, alors dis-toi : « Peut être que mon frère a des raisons [valables] que j’ignore ». (Rapporté par Abu Nou’aim dans son livre « Al-Hilya »(285/2)).

 

Ces paroles concernent les relations fraternelles, alors que dire des relations que l’élève doit avoir avec son cheikh, et des relations que la communauté doit avoir avec ses savants ! Avec ces derniers, ces recommandations doivent être encore plus fermes.

 

As-Sabki –rahimaoullah- a dit : « Si un homme est digne de confiance, et qu’on témoigne que c’est un homme de foi de droiture, alors il ne convient pas d’interpréter ses paroles et ses écrits de manière autre que ce qu’il nous a habitué à entendre, lui et ses semblables. Il convient plutôt qu’on fasse une interprétation juste et que l’on ait une bonne opinion de lui et de ses semblables ».(Qa’idatul Jarhi wat Ta’dil (93), voir aussi Ahmed As-Souweyane : « Nahwa man’hajin char’i fi talaqqil akhbar wa riwayatiha » (92-97)).

 

Fait parti de la recherche de l’excuse pour les savants, le fait de la rechercher pour celui qui, par crainte de torture et de châtiment, a eu à donner une réponse contraire à la vérité, usant ainsi de la permission (qui lui est accordée dans ce cas) au cours de l’épreuve de la création du Coran par exemple et d’autres semblables. En effet, il est permis de prononcer un terme de mécréance (par contrainte) tant que le cœur demeure empli de la sérénité de la foi. Le savant est un être humain exposé à la crainte ; il peut dire par crainte de la torture et de la prison, ce qu’on lui demande, il use ainsi de la permission d’alléger, laissant de côté la résolution (al-‘azima) qui est prioritaire pour le savant qui doit faire preuve de patience pour Allah, face aux épreuves afin de ne pas détourner les gens par ses actes ou ses paroles.

 

Al-Marwadhi –rahimaoullah- a dit : « J’ai entendu un homme des habitant de ‘Askar dire à Abu ‘Abdallah : « ibn Al-Madani t’envoie al-salam ». Il s’est tu, puis j’ai dit à Abu Abdallah : « ‘Abbas Al-Anbari m’a dit que ‘Ali Ibn Al-Madani fit mention d’un homme, et qu’il parla de lui en mal. Je lui ai dit : Certes, ils n’acceptent pas de toi, mais ils acceptent d’Ahmad Ibn Hanbal ». Il répondit : « Ahmad a supporté le fouet, tandis que j’en suis incapable ».(Syar a’lam an-noubala (55/11))

 

[Source : « Comment se comporter avec les savants », Cheikh Al-Louwayhiq, Edition Assia, pp. 117-119.]

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